Bernard Plossu

Photo : David Kregenow
Photo : David Kregenow

De 1951 à 1962, Bernard Plossu étudie à Paris. Il commence la photographie très tôt : en 1958, il voyage au Sahara avec son père, muni d’un Kodak Brownie Flash, et part en 1965 pour le Mexique dans le cadre d’une expédition britannique pour photographier la jungle du Chiapas. S’ensuivent de nombreux reportages en couleurs chez les indiens Mayas, en Californie, dans l’Ouest américain, le Nevada, le Midwest.

En 1970, il réalise un travail sur l’Inde, où naît son idée d'une photographie « surbanaliste* », qui, à l'instar du surréalisme mais de manière moins romantique, révèle une intensité immanente à la banalité.

Bernard Plossu continue à voyager énormément, réalisant de nombreux reportages couleurs, et, en 1975, effectue son premier voyage au Niger. Dès lors, il ne fait plus que des photos en noir et blanc prises avec une focale de 50 mm pour se placer en marge de la photographie commerciale. Il participe à l'aventure de Contrejour avec Claude Nori qu'il retrouve à la fondation des Cahiers de la photographie avec Gilles Mora, Jean-Claude Lemagny et Denis Roche.

En 1978 naît son fils Shane, qu’il photographie aussi régulièrement. En 1983, il commence à peindre et à travailler avec l’agence Fotowest. Son deuxième fils, Joaquim, naît en 1986 et sa fille, Manuela, en 1988.

En 1987, grâce à l'institut français de Naples, Bernard Plossu effectue un séjour photographique dans l'île Stromboli (Îles Éoliennes). L'année suivante, il s'installe dans l'île Lipari avec Françoise Nunez, rejoint ensuite par d'autres photographes. Auparavant, il a réalisé une série d'images de l'archipel éditée par Arte.

Entre 1987 et 1999, il était au Portugal. En 1998 et 1999, il a exposé à deux reprises au Centre portugais de photographies de Porto, installé dans le bâtiment de l'ancienne Cour d'appel puis Prison de Porto, des photos sur la région métropolitaine de Porto et du Portugal, lors d'expositions respectivement intitulées «Porto» et «Pays de la Poésie", ce qui a entraîné catalogues avec le même titre.

En 2012, une exposition est consacrée à son voyage au Mexique en 1965. Présentés au musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon. Plus de 200 clichés sont mis en avant, révélant la rencontre du photographe avec l'objet photographié. Bernard Plossu dira que ce voyage lui a permis de trouver son style, de forger sa vision. Ses instantanés relèvent donc plus de photographies personnelles, comme des souvenirs de voyage, souvent sans légende, prises au gré de son errance, sans chercher à dénoncer ou à montrer quelque chose. (source wikipedia)

 

* - Terme forgé par Plossu pour désigner sa propension à photographier des objets d’une grande banalité, « sans qualité », où l’influence du surréalisme est très présente


PERIFERIA

Échos du néo-réalisme

Quand Bernard Plossu se balade dans cette Italie du sud – où il se sent bien, où il ne cesse de revenir – la guerre est finie depuis soixante ans, mais sont inscrits dans sa mémoire affective du cinéma des souvenirs d’ambiance, de cadres, d’espaces déconnectés qui lui viennent de ce cinéma italien, celui de l’après-guerre jusqu’à Pasolini. L’imaginaire de Plossu est imprégné de ces images qui l’ont constitué en homme de sensations et d’images, elles sont son bâton de sourcier, elles le guident infailliblement vers telle configuration d’espace énigmatique et brouillé où il n’y aurait rien à voir pour un autre photographe.

 

Ses photos inscrivent le présent de ces lieux, de ces espaces d’aujourd’hui, mais aussi la rémanence d’images venues de loin, des films néo-réalistes qu’il a pu voir il y a longtemps.

 

De ces espaces sans qualités qui se dérobent à la forme, je ne dirais pas que Plossu les cherche – ce n’est pas le genre d’images que l’on trouve en les cherchant – mais plutôt qu’ils lui font signe et qu’il ne peut pas se dérober à la douce rémanence qui les hante.

 

Alain Bergala

 

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Les photos publiées dans Periferia par Bernard Plossu

 

Periferia a été pris pendant tous les séjours, nombreux, que j’ai effectué en Italie depuis les années ’70… Les photos ont été conçues à la vue des images évidentes d’une autre Italie. On ne peut pas s’empêcher de faire de « belles » photos de ce beau pays. Dans mon cas, il y avait cependant et aussi ce besoin de retrouver une Italie fille du néo-réalisme, c’est-à-dire une Italie moins « belle »… Une sorte d’envers du décor : là, je trouve une force visuelle, peut-être moins belle, mais puissamment vraie et nécessaire. Periferia a été fait à Palerme, Gênes, Naples, Bari, Formia, Brindisi. C’est très au sud, tout cela, pas au nord. Periferia est constitué d’environ 40 % de mes photos prises en Italie.”

 

 

 

 

 

 

Le critère de sélection :

 

C’est une sorte d’hommage contemporain au néo -réalisme de l’époque des années ’50 et ’60. Il s’agit de montrer que le néo-réalisme existe encore aujourd’hui !

 

Je dois dire qu’un moteur essentiel de ce projet a été l’intérêt qui y a apporté Alain Bergala… La compréhension de ma démarche qui a été la sienne !


Bernard Plossu, couleur Fresson - © Artazart

Le jeudi 12 novembre alors que la nuit tombait sur le canal Saint Martin, le grand photographe Bernard Plossu était l’invité d’Artazart pour une rencontre exceptionnelle autour du dernier Collector du magazine de l’Air.

L’occasion de découvrir en 7,46 minutes, comme si vous y étiez, un grand maitre de la photographie et un homme de cœur.

 

Un coup de foudre que vous aurez aussi !


PHOTOLOGIES

Cette aventure a débuté en 2015 pour la préparation du Congrès National de la Fédération Photographique de France qui s'est tenu à Aubagne au début du mois de mai 2016.

Nous étions réunis à cette occasion, autour de Christian Ramade et Patrick Massaïa, anciens membres du groupe ALPHÉE, qui organisaient dans les années 90, AUBAGNE EN VUE, une grande manifestation photographique qui réunissait des grands noms de la photo, tels que Willy Ronis, Lucien Clergue, Hans Silvester, Claude Nori,  etc. VOIR ICI